Nucléaire ou hydroélectrique: une absence de danger?

A l’heure des préoccupations écologiques majeures, la recherche de solutions énergétiques propres et durables est un véritable défi pour l’homme. Et une source de polémiques intarissable: nucléaire, hydroélectricité, chaque production présente ses menaces.

 

Les craintes du nucléaire :

 

Le problème du nucléaire est qu’il représente un danger potentiel immense. Une centrale nucléaire dégage de la radioactivité qui, si non contrôlée, peut atteindre une intensité mortelle pour l’homme, causant l’apparition de maladies très graves (cancers, leucémies), malformation physique voire mentale des nouveau-nés, des dégâts durables sur l’environnement (contamination de la faune et la flore), rendant la zone exposée inhabitable pour des décennies. L’explosion du réacteur de Tchernobyl en 1986 entraîna une contamination radioactive majeure. Le bilan humain reste encore incertain aujourd’hui.

 

Cependant, il ne faut pas oublier que la sécurité des centrales nucléaires est très encadrée et en constante évolution. De nouveaux réacteurs, toujours plus sûrs, sont mis à l’étude. Mais le risque zéro n’existe pas : séisme, défaillance humaine ou technique, malveillance. Les paramètres sont nombreux et imprévisibles. Comme l’a prouvé l’exemple de Fukushima en 2011 au Japon. Le séisme et le tsunami causent la surchauffe puis l’explosion de plusieurs réacteurs, entraînant une propagation radioactive. Pendant des semaines, les autorités tentent de contenir le danger et la population locale vit avec la crainte d’une aggravation des incidents.

 

Il faut toutefois remettre chaque incident dans son contexte. En France, nombreux sont ceux qui affirment le sérieux des précautions autour du nucléaire (on évoque pourtant plusieurs réacteurs fissurés). Ainsi, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a le pouvoir d’exiger l’arrêt d’un réacteur en cas de menace, comme ce fut le cas à Fessenheim. Le nucléaire n’est donc pas hors de contrôle. Il n’en demeure pas moins un danger potentiel réel. Sans compter la question des déchets nucléaires, hautement toxiques.

 

Les craintes de l’hydroélectricité :

 

Un barrage hydraulique pose principalement le risque d’une rupture, entraînant une submersion soudaine et violente de la région en aval. Les conséquences seraient évidentes : noyades, destructions des habitations, des ponts et routes, des cultures agricoles, paralysie et isolement des zones atteintes, explosions industrielles et déversement de déchets toxiques. Une rupture de barrage peut être causée par une mauvaise conception, une érosion des installations, une catastrophe naturelle, une erreur technique, humaine. En France, chaque grand barrage a l’obligation de se doter d’une carte du risque pour évaluer les dangers. Les communautés en aval élaborent des plans de prévention.

 

Les dangers liés aux barrages hydrauliques sont réels. En France, la rupture du barrage de Malpasset en 1959 causa la mort de plus de 400 personnes à Fréjus. Des dizaines d’accidents de barrages ont eu lieu à travers le monde. Environ 2000 personnes périrent en 1963 avec la catastrophe de Vajont en Italie. 2000 morts à Machu en Inde en 1979. Ce ne sont que quelques accidents parmi tant d’autres. Avec près de 50 000 grands barrages dans le monde, c’est au moins autant de risques pour la vie humaine.

 

La construction d’un barrage hydraulique comporte d’autres risques pour l’homme, surtout quand il y a affrontement entre intérêts privés et populations locales, il implique une transformation des cours d’eau dont les conséquences peuvent être néfastes s’il n’y a pas eu de concertations préalables : tarissement de zones agricoles, modifications écologiques, déplacements de population.

 

En somme, le nucléaire comme l’hydroélectricité comportent des menaces réelles et supposées, dont la sûreté dépend des précautions mises en place, mais malheureusement aussi de nombreux paramètres imprévisibles.