Les centrales au fil de l’eau

Une centrale dite au fil de l’eau est la manière évocatrice d’appeler certaines centrales hydroélectriques. Celles-ci sont basées sur le principe du passage de l’eau, et non de sa retenue. Lorsqu’on évoque l’eau et la production d’électricité, l’imaginaire collectif songe d’emblée aux barrages, sûrement parce que leur architecture est bien plus remarquable. Et pourtant il en existe de plusieurs types, dont les centrales au fil de l’eau qui en France sont primordiales pour la production d’énergie.

 

Une centrale au fil de l’eau est à proprement parler un barrage aussi. Il s’agit tout autant de faire passer de l’eau dans des réservoirs. Seulement, l’eau n’y reste pas plus de deux heures, ce qui les distinguent des gros barrages, et permet de dire qu’elles ne font que profiter d’un courant d’eau sans le contraindre. L’idée d’une telle centrale repose sur le principe de l’énergie cinétique, celle du mouvement. Un cours d’eau est en perpétuel mouvement donc produit de l’énergie en permanence. La centrale permet de poser une turbine équivalente aux moulins à eau, qui par ajout d’un alternateur devient de l’électricité telle qu’on la consomme dans les foyers. Et tout comme le fleuve, la centrale n’arrête jamais son activité. Pour assurer l’efficacité d’une installation de ce type, il faut à la fois un cours d’eau à débit élevé, et une pente douce. C’est pourquoi on trouve les centrales au fil de l’eau principalement dans des plaines.

 

Pas tant impressionnantes en terme de structure, les centrales au fil de l’eau n’en restent pas moins des références de l’hydroélectricité en France. Il existe environ 2400 centrales sur ce territoire, et 90 % d’entre elles sont au fil de l’eau. D’installation modeste elles restent efficaces, puisque leur production constitue la moitié de l’électricité fournie par le parc hydroélectrique. S’il faut donc un grand nombre de ces centrales pour aboutir à cette production, on aborde leur avantage premier : elles sont peu coûteuses. Utilisant une ressource en continu, elles mobilisent peu de moyens et produisent donc une électricité qui n’est pas chère. Ce faisant, elles sont modestes en besoin, se passant par exemple de pétrole, et ne consommant pas l’eau qu’elle utilise. De plus, en sortie de processus, nul déchet ni pollution.

 

Malgré ces points positifs, la centrale au fil de l’eau accuse certains défauts. D’abord, elles restent d’importance modeste. Dénuée de réservoir, une telle centrale ne peut accumuler l’énergie qu’elle produit, et ne peut fournir qu’à des consommateurs modestes. Cela prédestine les centrales au fil de l’eau à être utilisées au niveau local, pour subvenir à des besoins proches et immédiats. Mais il faudrait une conception très décentralisée de la production d’énergie pour l’envisager comme une politique nationale. Et évidemment, comme elles dépendent du cours d’eau au jour le jour, elles subissent de suite les fluctuations du niveau de l’eau et de la rapidité du courant. La production d’énergie en est impactée en flux tendus.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les conséquences environnementales d’une telle installation. C’est un moindre mal pour produire de l’électricité, par rapport aux autres solutions. Néanmoins il faut veiller à ménager la flore environnante ainsi que la faune (notamment sous-marine) autour d’une centrale au fil de l’eau.

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