L’hydroélectricité est-elle plus chère que l’électricité « normale »?

L’énergie hydraulique est loin d’être un concept nouveau. Dès le 2e siècle, les moulins à eau étaient déjà utilisés pour récupérer la force motrice du courant des rivières afin de réaliser divers travaux, comme moudre du grain par exemple. Energie renouvelable au même titre que le solaire ou l’éolien, l’hydroélectricité permet de produire de l’énergie tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Par conséquent, elle a toute sa place dans l’objectif de transition énergétique actuel.

 

Mais comment fonctionne cette énergie ? Concrètement, l’hydroélectricité est une énergie fournie par le mouvement de l’eau. Ce dernier est tout d’abord transformé en énergie mécanique par le biais d’une turbine puis en énergie électrique via un générateur. Pour aboutir à ce résultat, différents types de barrages hydrauliques peuvent être utilisés : le barrage au fil de l’eau, disponible en permanence et qui a une puissance réglable en fonction du besoin ; le barrage avec réserve dont le stock est limité (lac ou éclusée) ; la Station de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) qui se composent de deux bassins et d’une centrale hydroélectrique. Outre ces grands dispositifs hydrauliques, il existe également des centrales pour particuliers appelée « pico-centrales » d’une dimension bien plus modeste.

 

Quelques chiffres impressionnants permettent de comprendre la place importante qu’occupe cette énergie renouvelable dans le monde. Ainsi, il faut savoir que plus de 3800 gigawatts d’hydroélectricité sont produits chaque année dans le monde entier, ce qui fait d’elle la première énergie verte au monde et la sixième toutes énergies confondues. Elle n’est donc clairement pas à la traîne !

En France, c’est également une filière importante puisqu’elle représente plus de 60% de la production d’électricité d’origine renouvelable, soit 12% de l’électricité française au final. Actuellement, on compte environ 2500 barrages sur le territoire français. Son succès s’explique certainement par le fait que c’est incontestablement l’énergie propre la moins chère du marché. En effet, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), c’est l’hydroélectricité qui produit le kilowattheure le moins cher parmi toutes les énergies renouvelables. Car, comme toutes les énergies dites vertes, l’énergie hydraulique présente l’avantage d’utiliser à la base une énergie gratuite, fournie par la nature elle-même. De plus, les fournisseurs d’électricité verte peuvent se permettre de proposer des prix attractifs car le développement de l’énergie renouvelable ces dernières années a permis de faire baisser les coûts de production et, par conséquent, d’augmenter sa rentabilité. Concrètement, au premier semestre 2017, un mégawattheure d’énergie nucléaire coûtait 42 euros, c’est-à-dire bien plus que la fourchette de prix de 20 à 30 euros pour l’énergie hydraulique. Et l’écart risque encore de se creuser puisque l’on sait que les coûts de fonctionnement des centrales nucléaires ne cessent d’augmenter en raison des investissements liés à leur sécurité et à leur vieillissement. Enfin, le fait que les frais de fonctionnement et de maintenance du parc hydroélectrique soit faible explique également des coûts de production relativement bas et donc un prix également peu élevé.

 

Aujourd’hui, seulement 70% du potentiel hydroélectrique français serait utilisé selon les estimations. Un pourcentage qui fait rêver surtout quand on sait combien d’autres pays ont su valoriser cette ressource. En Norvège, par exemple, l’hydraulique couvre 96% de la production nationale d’électricité. En Autriche, le taux de couverture est également assez important puisqu’il s’élève à 64% selon les estimations. L’Hexagone peut se targuer d’avoir acquis un savoir-faire hydroélectrique solide et se reposer sur des retours d’expérience cumulés au cours des 70 dernières années. Aucun doute donc sur le fait que cette filière augmentera dans les années à venir sa contribution active à la transition énergétique désormais engagée et continuera à fournir de l’énergie à un prix modique.

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